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EGLISE CATHOLIQUE AU GABON EGLISE CATHOLIQUE AU GABON

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... Aujourd’hui, au sens spirituel, voyant votre bonne volonté, le successeur de Pierre dit à toute l’Église au Gabon: je ne suis venu t’apporter ni or ni argent.
Mais ne crains pas. Aie confiance. Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche! Amen !
Pape Jean Paul II, Pèlerinage apostolique au Gabon Libreville, Homélie du 19 février 1982
Jean Paul II

Messe 2è anniversaire décès Omar Bongo Ondimba: Homélie Mgr Basile Mvé Engone, Archevêque Libreville

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HOMELIE DE SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR BASILE MVE ENGONE
A l’occasion du 2ème anniversaire du décès de S.E.M. Omar BONGO ONDIMBA, Président de la République Gabonaise

Les deux textes que nous venons d’entendre sont très beaux et aussi très difficiles, pleins de pensées profondes et d’expressions qui ne sont pas celle que nous utilisons habituellement. Il s’agit de deux « discours d’adieux », deux testaments : le testament de Paul et le testament de Jésus. Paul à un ton beaucoup plus dramatique, tandis que le discours de Jésus est rempli de paix et de sérénité. Jésus se préoccupe de ses disciples, Paul se préoccupe de ceux qui lui ont été confiés, comme pasteur, le troupeau de Dieu…

Nous venons faire mémoire d’un illustre fils de notre Nation le Gabon, qui avec ses qualités et ses défauts, a conduit pendant plus de 4 décennies notre pays. Chaque peut faire le bilan mais nous pouvons nous accorder de l’importance qu’’Omar BONGO ONDIMBA a eu pour garantir l’unité de notre pays. Ceux qui étaient contre lui sont revenus à lui en convivialité, en coresponsabilité et même  parfois en complicité… Il a donné une place importante à la concertation, allant même jusqu’à s’humilier pour rendre possible à la paix des braves. La concertation pour lui prenant en compte la contradiction dans le but d’une conception commune en vue de la construction…

Nous nous souvenons des adieux du feu président Omar BONGO ONDIMBA  à travers ses derniers messages et discours. Beaucoup aujourd’hui en font des slogans, des refrains, comme pour nous dire qu’ils ont compris… il ne s’agit pas de faire des slogans ou des refrains, il s’agit de prendre conscience et de se convertir. Mais malheureusement nous faisons le constat de l’inverse de la situation.

Si Dieu ne nous pas dit de faire du Gabon ce que nous sommes entrain de faire, alors que nous a-t-il dit ?

Nous trouvons la réponse dans les textes que nous venons d’écouter.

Le Christ nous invite  donc à vivre dans l’unité tout comme il vit dans l’unité avec son Père. C’est cela l’exemple à suivre tout autre modèle conduit au chaos, à l’échec. Rien ne doit ébranler ou affecter cette unité, c’est cela qui fait la force du Seigneur contre les forces destructrices de Satan et ses acolytes. Si nous sommes unis avec Dieu et entre nous, rien ne peut nous détourner de Dieu ou nous égarer dans ce monde où les fils des ténèbres font feu de tout bois.

Saint Paul nous confirme que nous sommes confiés à Dieu qui a le pouvoir de bâtir l’édifice et de nous donner part à l’héritage.

Conscient qu’il est sur la fin de son parcours, Paul profite de son passage à proximité d’Ephèse pour envoyer chercher les anciens de l’église de cette ville dans laquelle il demeura au moins deux ans pour leur faire ses adieux. Réuni avec eux, Paul leur ouvre son cœur et leur donne une triple vue sur le parcours commun que le Seigneur leur a permis de vivre ensemble :

Concernant le passé, Paul témoigne et rappelle quelle a été sa conduite devant eux depuis le premier jour où, dit-il, il a mis les pieds en Asie pour annoncer l’Evangile. Paul leur rappelle ainsi le modèle qu’il leur a donné. Il le fait pour plusieurs raisons : pour que les éphésiens se souviennent de quel moule ils sont sortis et n’oublient pas quel est le père duquel ils sont issus : cf Esaïe 51,1-2; Hébr 13,7. C’est ce modèle initial, veut dire Paul, qui doit rester dans leur esprit le modèle de référence pour leurs vies de ce qui doit être fait et vécu pour le nom de Jésus-Christ. Il leur rappelle par ce modèle les grandes vertus qui doivent caractériser la vie du témoin de Christ dans le monde : courage, ténacité, persévérance, humilité... mais aussi la méthode qui a été la sienne : l’annonce publique et dans les maisons à tous de l’Evangile... ainsi que le contenu du message qui a été le sien : repentance, conversion à Dieu, foi en Jésus-Christ.

Concernant le moment présent, il témoigne de ce que, esclave du Saint-Esprit, il sait et pressent de ce qui l’attend en faisant route vers Jérusalem. Là encore, Paul réaffirme, malgré le degré de menace plus important, sa volonté de ne changer en rien sa ligne de conduite. Une seule chose compte en effet à ses yeux : non la sécurité et l’avenir de sa personne, mais le fait d’achever sa course et de mener à terme le ministère que le Seigneur lui a confié : rendre témoignage de la bonne nouvelle de la grâce de Dieu.

Concernant l’avenir, Paul, conscient que c’est la dernière fois qu’il voit ses frères, leur donne sous forme de testament spirituel, ses dernières directives et avertissements :

Il responsabilise les anciens en se déchargeant une fois pour toutes de sa propre responsabilité spirituelle quant à l’avenir de l’œuvre de Dieu parmi eux. De son côté, c’est en toute bonne conscience et avec le sentiment du devoir accompli qu’il ôte l’habit de serviteur qu’il portait et quitte son service pour le confier à ceux qui en prendront la suite.

Il les exhorte à veiller et prendre garde au troupeau que Dieu leur confie (ce qui est le devoir et la charge principale d’un berger) et les avertit du danger des prédateurs féroces qui, après son départ, ne manqueront pas de s’attaquer à lui. Indirectement, Paul souligne ici l’une des fonctions essentielles de l’apôtre ou du père fondateur d’une église, celle d’être un rempart donné par Dieu contre les ambitions humaines et charnelles de ceux qui ne songent qu’à une chose : utiliser le troupeau pour satisfaire leur désir de domination sur les âmes. C’est pourquoi Paul le rappelle : veiller est la mission permanente et première que doit se donner chaque berger, une mission qui oblige à être lucide et se garder de toute naïveté et sentimentalisme bon enfant. Une mission difficile qui requiert à la fois une attitude de détachement et de proximité, de recul et de vigilance, de patience et d’intervention, d’amour pour les hommes et d’obéissance prioritaire à Dieu. Paul, maintenant qu’il quitte sa charge, se cite de nouveau comme modèle à imiter pour ses frères, non en vue de s’enorgueillir de ce qu’il a fait au milieu d’eux, mais pour que chacun garde en son esprit l’exemple vivant de son vécu pour s’en inspirer.

S’il y a une chose que l’on doit retenir des adieux de Paul aux anciens d’Ephèse est que ce qu’il annonce, concernant l’avenir de l’église et de l’œuvre commencée sur place, est loin d’être rassurant. Aussi se pose ici une question : après s’être tant investi et avoir payé de sa personne, comme il le rappelle encore ici, pour la naissance d’une œuvre qu’il sent menacée pour l’avenir, comment un apôtre peut-il malgré tout la quitter dans la paix ? la première parole de Paul y réponde : si lui ne peut rien retenir et garder, il sait que quelqu’un de plus fort, de plus puissant, et de plus important que Lui a le pouvoir, bien plus que lui, de veiller et de garder ce qui a été commencé.

L’attitude de Paul dans cette situation d’adieu est riche d’enseignement pour nous. Elle nous rappelle que :

- quelle que soit la valeur, l’importance, la capacité dont a fait preuve le père fondateur dans la mise en route d’une œuvre, celui-ci est et ne reste qu’un ouvrier temporaire dont l’œuvre est transitoire. Les serviteurs, l’un après l’autre, passent, mais l’œuvre demeure, car, avant d’être l’œuvre d’un homme, l’église, le travail spirituel qui se fait dans les cœurs et sa poursuite, est l’œuvre de Dieu. Comme sans Lui, elle n’aurait pu se faire et démarrer, sans Lui, de toute manière, elle ne peut se poursuivre.

- quel que soit le degré d’investissement qu’a été celui de l’ouvrier dans la naissance d’une œuvre, vient le temps où celui-ci doit lâcher les rênes de la direction de l’œuvre et passer la main. Or, pour l’ouvrier qui quitte, le repose ne se trouve pas d’abord dans la confiance qu’il peut avoir en l’ouvrier qui le suit, mais en la fidélité et la puissance du Dieu avec qui il a travaillé et qui,  est le seul garant de l’avenir de cette œuvre.

- le degré d’investissement dont a fait preuve l’ouvrier engagé dans le début d’une œuvre et la qualité de son travail ne sont jamais preuve de la garantie de la pérennité de cette œuvre dans les mêmes conditions. Alors que l’action s’arrête, est rendu plus évident encore pour l’ouvrier qui en a été l’auteur le besoin et la nécessité de la foi et de la prière.

C’est de manière déchirante que Paul, aussi bien que les anciens d’Ephèse qui lui sont liés par tant de souvenirs, prennent congé les uns des autres. Si des adieux entre frères sont toujours difficiles, nous savons cependant qu’ils seront suivis un jour ou l’autre de joyeuses retrouvailles éternelles. Que le Seigneur nous donne à chacun de nous attacher les uns aux autres dans une juste mesure. Personne, y compris les meilleurs, dans l’œuvre de Dieu n’est irremplaçable. Tous nous devons un jour rendre notre tablier. Que nous puissions le faire le cœur en paix, dans le repos de la foi en Celui qui, Lui, ne passe pas !

Loin de faire un parallèle entre Paul et Omar, je voudrais quand même nous inviter à avoir le courage de revenir à Dieu, de nous convertir, de changer de comportement, de promouvoir l’unité dans la diversité en ne faisant pas place au tribalisme, en acceptant la contradiction, en faisant le choix de la vraie concertation pour le consensus, en s’inscrivant dans une démarche de vérité et d’humilité, en préservant l’esprit de famille, l’amour de notre pays et son unité et la paix,

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen !