
Face aux dérives et aux atteintes à l’autorité et à l'image de l’Eglise enregistrées depuis quelques temps, tant dans certains médias qu’au sein du Peuple de Dieu, l’Archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone, consacre son éditorial de juillet 2012 au respect. Le respect dû aux Institutions religieuses et républicaines, à son prochain. Le respect illustration d’une bonne éducation et d’une considération mutuelle, pour des relations humaines et sociales de qualité, dans la paix et la sérénité.
Le respect
Il y a des sentiments que nous exprimons spontanément sans y prêter une attention particulière, parce que, souvent, ils révèlent notre éducation de base. C’est le cas de la politesse et de l’amour, du bonheur et du malheur, de la peine et de la joie, du partage et de l’égoïsme, de la guerre et de la paix, de l’honneur et du respect. Ce sont des mots que nous galvaudons à longueur de journée sans en mesurer le sens et la portée, sur nous-mêmes et sur les autres. Le respect s’inscrit dans ce registre.
En effet, le respect c’est le sentiment qui porte à traiter quelqu’un ou quelque chose avec grands égards ; le sentiment à ne pas porter atteinte à quelqu’un ou à quelque chose délibérément.
On parle de respect filial dans les relations familiales ou de respect des lois ou des règlements dans la vie quotidienne.
Le respect s’apprend dès le bas âge, mieux encore, il se pratique dès l’enfance. Il est inscrit dans les Saintes Ecritures (Tu honoreras ton père et ta mère). Il occupe la première place dans toutes les institutions, notamment avec le respect des droits de l’homme.
Dans la société, nous devons nous respecter mutuellement. En réplique, nous devons respecter toutes les institutions, de la première, à savoir la Présidence de la République, jusqu’à toutes les autres. Les Confessions Religieuses et la Société Civile organisée méritent le même respect que les institutions républicaines.
Il est surprenant, voire inquiétant, de constater que par des propos tenus, par certains écrits et par des actes clairement posés, des hommes d’Eglise et de paisibles citoyens sont traités avec mépris. Les auteurs de tels actes ne méritent aucun respect et doivent se remettre en question quant à leur éducation.
En effet, comment voulez-vous qu’on vous respecte si vous n’avez pas un minimum de respect envers les autres ? Il est particulièrement désolant, honteux et lâche de se cacher derrière des anonymes pour insulter, diffamer et humilier des gens qui parlent à visage découvert et sans protection. Il n’y a que dans notre pays qu’on assiste à des attaques aussi gratuites que dangereuses. Il faut arrêter ces dérives dans les écrits qui n’honorent ni la profession ni notre société qui est foncièrement paisible.
Mais le respect reste avant tout un problème d’éducation. En effet, un enfant qui n’a pas appris à respecter les gens depuis petit ne saurait le faire quand il a grandi. Il a tendance à insulter, à poser des actes irrespectueux à l’égard des autres. Et si, par malheur, il a une parcelle d’autorité, il en profite pour écraser les autres, pour faire jouer la loi du plus fort. Ce chemin n’est pas bon. Il faut l’abandonner purement et simplement. n’oublions jamais qu’il en est de l’irrespect comme de la calomnie : il en reste toujours. notre pays connaît une relative accalmie que nous n’avons pas le droit de perturber. Pour rien au monde, personne ne doit accuser quelqu’un sans raison.
En cette période de vacances et de temps ordinaire, prions Dieu, le Père de tous les hommes, pour que les uns et les autres reviennent à la raison.
Bonnes, reposantes et fructueuses vacances à tous et à chacun. Que Dieu vous garde tous sous sa constante protection.
+ Monseigneur Basile Mvé Engone
Archevêque de Libreville