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EGLISE CATHOLIQUE AU GABON EGLISE CATHOLIQUE AU GABON

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... Aujourd’hui, au sens spirituel, voyant votre bonne volonté, le successeur de Pierre dit à toute l’Église au Gabon: je ne suis venu t’apporter ni or ni argent.
Mais ne crains pas. Aie confiance. Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche! Amen !
Pape Jean Paul II, Pèlerinage apostolique au Gabon Libreville, Homélie du 19 février 1982
Jean Paul II

3è Congrès panafricain des laïcs/Secrétaire Conseil pontifical pour les laïcs/ ITW Mgr Josef Clemens

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Arrivé à Yaoundé depuis quelques jours dans le cadre du Congrès panafricain des laïcs catholiques, Mgr Josef Clemens, Secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs a accordé une interview à la presse. Le prélat explique le sens et les objectifs de cette rencontre.

Excellence, nous vous souhaitons la bienvenue au Cameroun. Quel est le but de votre voyage et de votre séjour à Yaoundé ?


Je suis venu à Yaoundé pour préparer un Congrès panafricain des laïcs catholiques et exprimer ainsi l'intérêt et le soutien de l’Église universelle pour l’Église en Afrique. Ce Congrès "Être témoins de Jésus-Christ en Afrique aujourd'hui", aura lieu du 4 au 9 septembre 2012 ; il entre dans le cadre des activités du Conseil Pontifical des Laïcs qui a choisi le Cameroun pour cet événement; ce pays offre, en effet, des conditions structurelles et sociales favorables. Je me suis donc rendu à Yaoundé pour vérifier tous les aspects de la logistique et mettre en place l'organisation de ce Congrès, en collaboration avec l'Église locale qui joue un rôle important. En conséquence, j'ai rencontré le Président de la Conférence Épiscopale Nationale, les Évêques collaborateurs de notre dicastère et toutes les personnes qui seront impliquées dans l'organisation du Congrès. À toutes ces personnalités, j'ai eu la joie de transmettre les salutations et la bénédiction du Saint-Père avec qui je me suis entretenu par téléphone avant mon départ et qui a bien voulu m'exprimer son affection spéciale pour l'Afrique. Benoît XVI m'a prié de vous transmettre ces sentiments spéciaux.

Qu'est-ce qui a motivé le Conseil Pontifical pour les laïcs à envisager ce Congrès ?


L'idée est née de l'expérience du Congrès organisé pour le continent asiatique, à Séoul, en Corée du Sud, au mois de septembre 2010 : ce grand rassemblement fut sans conteste une réussite. Nous avons alors pensé au continent africain que l'on croit souvent abandonné, mais qui ne l'est pas du tout : l'Église en effet le considère comme un continent d'espérance. Nous avons surtout pensé à l'Afrique "noire", cette initiative n'intéresse pas pour le moment l'Afrique du Nord qui présente une problématique ecclésiale différente. Le but du Congrès est de prolonger pour ainsi dire, les voyages du Pape en terre africaine, de manière que ceux-ci ne se réduisent pas seulement à une présence de quelques jours, mais que ses discours et ses interventions continuent à être approfondis. Les congressistes seront des laïcs envoyés par les Conférences Épiscopales et aussi des membres des associations et des mouvements ecclésiaux. Le Congrès se déroulera à la lumière des quatre documents fondamentaux, notamment l'exhortation Christifideles laici (1988) - qui reste pour nous la Magna Charta de l'apostolat des laïcs et dont nous voulons faire découvrir l'actualité, -  l'encyclique Redemptoris missio (1990), les deux exhortations qui ont suivi les synodes sur l'Église en Afrique, Ecclesia in Africa (1995) et Africae munus (2011); il veut être également une relecture des discours de Benoît XVI dans ses voyages au Cameroun et en Angola en 2009 et au Benin en 2011. Le Congrès vise essentiellement l'approfondissement de l'identité des fidèles laïcs et le sens de leur engagement en Afrique. Nous voulons réunir des personnes qui écoutent, qui réfléchissent, qui participent activement et, ensuite, sont capables de transmettre au sein de leurs communautés ecclésiales les fruits du Congrès. Les congressistes seront accompagnés par un certain nombre de Cardinaux, d'Évêques et de prêtres, en signe de communion ecclésiale.

Quel message croyez-vous devoir adresser aux fidèles laïcs africains, face aux nombreux défis sociaux, culturels et religieux propres à ce continent ?

Le premier point, à mon avis, est de prendre conscience du sens profond du baptême et de la dignité baptismale. Le baptême n'est pas une cérémonie, un rite, un titre honorifique ou encore une tradition au sein de sa famille; il est une réalité qui nous transforme profondément; par le baptême, nous sommes des hommes nouveaux. Il s'agit alors de "déchiffrer" les éléments de cette nouveauté, de redécouvrir son dynamisme avec toutes ses conséquences pour la vie d'un chrétien en Afrique. Le baptême crée aussi une vie de relations avec d'autres, une communauté de croyants qui va au-delà des ethnies, des frontières nationales, des différences culturelles. Il nous rend membre d'une grande famille, pour utiliser une image chère aux fidèles africains, appartenant à l'Église-famille de Dieu. Il faut donc découvrir la profondeur de cette grâce dans la quotidienneté.

 

Notre Communauté "Redemptor hominis" est engagée dans les paroisses qui nous sont confiées, dans une pastorale qui accorde une attention spéciale à la formation des fidèles laïcs, par la création, par exemple, d'une École paroissiale de formation qui vise l'approfondissement de la vie de foi. Nous sommes confrontés, dans ces milieux, à une culture parfois "magique" face à la réalité sacramentelle ; il faut faire comprendre non seulement l' "ex opere operato" des sacrements, la grâce du baptême, mais aussi l' "ex opere operantis", l'engagement nécessaire qui doit en découler de la part du fidèle.

 

La formation des laïcs est d'une importance capitale ; elle représente effectivement une des voies de la redécouverte du baptême. Plus on connaît véritablement, plus on approfondit son identité chrétienne et plus on devient "libre". Une culture imprégnée d'une vision magique est un esclavage qui naît essentiellement de la peur sous ses différents aspects. Une formation appropriée aide à montrer comment le sacrement du baptême (et également ceux de la confirmation, de l'eucharistie...) nous libère des conditionnements et de toute peur. La formation est, sans aucun doute, un médicament privilégié contre les interprétations erronées ; elle aide les fidèles laïcs à assumer avec responsabilité leur dignité baptismale.

 

L'Afrique est un continent de jeunes ; pour preuve, la tranche d'âges de 15 à 24 ans représente plus de 20% de la population africaine dans son ensemble ; par ailleurs, 42% des habitants du continent sont âgés de moins de 15 ans. Quel regard portez-vous sur cette jeunesse, pénalisée par des situations de grande précarité et qui est pourtant l'avenir de l'Église ?

Il faut investir dans la jeunesse, malgré toutes les difficultés. Il faut accompagner les jeunes, leur faire comprendre qu'ils sont tenus de profiter de ce temps favorable, pour s'engager sérieusement dans leur formation humaine, scolaire, professionnelle et dans la construction de leur avenir. Il faut leur transmettre l'espérance, plus forte que toutes les adversités. D'ailleurs, le continent africain est en pleine mutation : des horizons nouveaux et de nouvelles possibilités s'ouvrent. La globalisation est un phénomène désormais irréversible même pour l'Afrique ; il faut donc se préparer pour y prendre part avec une identité chrétienne. Les jeunes ne doivent pas perdre l'espérance d'un monde meilleur, ni tomber dans le non-sens de la vie et de leur engagement. Par contre, ils doivent se préparer, former leur caractère, nouer des relations pleines de sens au niveau familial et de groupes, mais aussi au niveau social.

 

Par Jean-Claude Nounamo/Source :laici