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EGLISE CATHOLIQUE AU GABON EGLISE CATHOLIQUE AU GABON

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... Aujourd’hui, au sens spirituel, voyant votre bonne volonté, le successeur de Pierre dit à toute l’Église au Gabon: je ne suis venu t’apporter ni or ni argent.
Mais ne crains pas. Aie confiance. Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche! Amen !
Pape Jean Paul II, Pèlerinage apostolique au Gabon Libreville, Homélie du 19 février 1982
Jean Paul II

Cardinaux/ Regard sur les fonctions et le rôle des « princes de l’Église »

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Photo: Six nouveaux cardinaux nommés par le Pape Benoit XVI en 2012

La chrétienté, et particulièrement la communauté catholique du monde entier, forte d’1, 2 milliard d’âmes, a les yeux tournés vers le Vatican, où le conclave des cardinaux va se réunir dans les prochaines semaines pour élire le Souverain pontife qui succèdera au Pape Benoît XVI, dont la renonciation effective interviendra le 28 février au soir. Qui sont ces « princes de l’Eglise », tout vêtus de rouge, qui vont durant plusieurs jours s’enfermer à huis clos dans le décor somptueux de la chapelle Sixtine en invoquant l’Esprit Saint pour qu’il les inspire dans leur choix crucial pour l’Eglise du Christ ?

D’où vient le mot « cardinal » ?

Historiquement, le soin d’élire le successeur de Pierre, évêque de Rome, est revenu aux curés des principales paroisses de la Ville éternelle, lieu du martyre de Pierre. Ces « pivots » de la communauté étaient appelés les « cardinaux », du latin cardo, cardinis, « gond, pivot ».

Aujourd’hui, si les cardinaux ne sont plus membres du clergé romain, ils sont toujours nommés souverainement par le pape au titre d’une paroisse de Rome. C’est une manière de souligner le fait que le pape dirige l’Église universelle en tant qu’évêque de Rome, successeur de Pierre.

Lorsque le pape crée un cardinal, il le nomme soit au titre d’un diocèse périphérique à Rome, dit « suffragant » ou « suburbicaire », Ostie, Albano, Frascati, Palestrina, Porto-Santa Rufina, Sabina-Poggio Mirteto, Velletri-Segni (on parle alors des « cardinaux-évêques ») ; soit au titre d’une des 150 plus anciennes paroisses romaines, il s’agit alors de « cardinaux-prêtres » ; enfin, 35 « cardinaux-diacres », liés à des paroisses romaines, travaillent à la Curie romaine. C’est pourquoi de nombreuses églises de Rome affichent, au-dessus de leurs portes, deux écussons : celui du pape et celui du cardinal dont l’église dépend symboliquement.

Les quatre patriarches d’une Église catholique orientale nommés cardinaux ne reçoivent pas, eux, de titre d’une Église romaine. En 1919, Benoît XV a décidé qu’il fallait au moins être prêtre pour être nommé cardinal. En 1962, Jean XXIII a réservé cette dignité aux évêques. Mais d’éminents théologiens (Henri de Lubac, Albert Vanhoye, Yves Congar) ont pu être créés cardinaux sans être évêques.

Quelles sont les fonctions des cardinaux ?

Le Collège des cardinaux est parfois appelé le « sénat » de l’Église. Il est présidé par son « doyen », élu par les cardinaux-évêques. C’est aujourd’hui le cardinal Angelo Sodano, ancien secrétaire d’État de Jean-Paul II. Il est assisté du vice-doyen, lui aussi élu par ses pairs, aujourd’hui le cardinal français Roger Etchegaray, ancien président de la Conférence des évêques de France, ancien président des Conseils pontificaux Justice et Paix et Cor Unum sous Jean-Paul II.

Le secrétaire du Collège, habituellement également secrétaire (numéro deux) de la Congrégation pour les évêques, est nommé par le pape. C’est, depuis le 11 janvier 2012, Mgr Lorenzo Baldisseri.

Les cardinaux assistent le pape dans la conduite de l’Église. Celui-ci les réunit en « consistoire » (du latin consistere, « se tenir avec ») ordinaire ou extraordinaire. À l’occasion de la nomination de nouveaux cardinaux ou pour réfléchir sur des sujets concernant l’Église, s’y retrouvent les cardinaux dits « de » Curie », qui occupent des fonctions dans le gouvernement du pape (préfets de Congrégation ou présidents de Conseils pontificaux), et des cardinaux dits « résidentiels », archevêques de diocèses importants du monde entier. Ces derniers sont, par ailleurs, « consulteurs » des Congrégations romaines et participent à leurs assemblées générales.

Par ailleurs, lors du décès du pape, les cardinaux se réunissent en « conclave » pour élire son successeur. Paul VI a limité l’âge des cardinaux électeurs, et donc éligibles, à 80 ans et leur nombre à 120. Entre la mort du pape et l’élection de son successeur, la conduite de l’Église est assurée par le Collège des cardinaux, réuni en « chambre apostolique », sous la présidence du cardinal camerlingue (Tarcisio Bertone, secrétaire d’État), nommé par le pape.

Quelle est la situation actuelle du Collège des cardinaux ?

Le Collège compte, au 19 février 2012, 213 cardinaux, dont 125 électeurs (âgés de moins de 80 ans). Au Collège dans son ensemble sont représentés 70 pays des cinq continents. Mais les électeurs proviennent de 51 pays seulement.

En effet, parmi eux, 67 proviennent d’Europe (dont 30 Italiens et quatre Français : André Vingt-Trois (Paris), Jean-Louis Tauran (président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux), Jean-Pierre Ricard (Bordeaux), Philippe Barbarin (Lyon) ; 15 d’Amérique du Nord (dont 12 des États-Unis) ; 22 d’Amérique latine (dont six Brésiliens et quatre Mexicains) ; onze d’Afrique (dont deux Nigérians) ; neuf d’Asie (dont quatre Indiens), et un d’Océanie (Australie).

La prédominance italienne (52 cardinaux, dont 30 électeurs sur 125) est une caractéristique de ce Collège. Cependant, elle ne préjuge pas de la future élection d’un pape italien, les cardinaux originaires de la péninsule étant traditionnellement divisés entre plusieurs courants. Pour mémoire, depuis 1946, sous Pie XII, la majorité du Collège des cardinaux n’est plus italienne.

Au total, au fil de quatre consistoires (24 mars 2006, 24 novembre 2007, 20 novembre 2010, 18 février 2012), Benoît XVI a créé 84 cardinaux, dont 79 sont vivants et 63 sont électeurs. Pour sa part, Jean-Paul II avait créé, en neuf consistoires, 231 cardinaux, dont 131 sont vivants et 62 électeurs. Pour la première fois, donc, un futur conclave comprendra une majorité de cardinaux électeurs nommés par Benoît XVI.

Selon les observateurs, ce Collège cardinalice serait « plus romain, moins catholique », au sens universel du terme. En effet, parmi les nouveaux cardinaux électeurs nommés ce 18 février par Benoît XVI, 10 doivent leur promotion à leur fonction technique au sein de la Curie romaine. Sur les 125 électeurs, 27 sont cardinaux de Curie, 56 sont archevêques résidentiels et 33 sont retraités. L’Afrique, pourtant qualifiée par Benoît XVI, de « poumon spirituel » de l’humanité, dispose d’un cardinal électeur de moins que les États-Unis (onze), alors que sa population catholique est deux fois supérieure.

Parmi les 18 nouveaux électeurs promus ce 18 février par Benoît XVI, seuls trois proviennent du Sud (Brésil, Inde, Hong Kong). Aucun archevêque résidentiel latino-américain n’a été promu, alors que ce continent abrite la moitié des catholiques du monde. Ce Collège est également âgé : la moyenne d’âge atteint 77,5 ans ; celle des électeurs est de 71,7 ans.

Pourquoi le 24 novembre 2012 le Pape créa 6 nouveaux cardinaux ?

En créant six nouveaux cardinaux, Benoît XVI a souligné l’universalité de l’Eglise.

Le pape a présidé, samedi 24 novembre 2012, son cinquième consistoire ordinaire public. Il a procédé à la création de six nouveaux cardinaux. Parmi eux, ni Européen, ni Italiens. Benoît XVI a saisi cette occasion pour décrire le « levain qui tend à l’universel » présent au cœur de l’Eglise.

Benoît XVI l’avait déjà dit, le 27 octobre, à l’issue du récent synode  pour la nouvelle évangélisation. Utilisant les mêmes mots, il l’a à nouveau répété, dans la basilique Saint-Pierre, quelques instants avant de créer les six nouveaux cardinaux (1) : « Je désire mettre en valeur que l’Eglise est Eglise de tous les peuples, et par conséquent elle s’exprime dans les différentes cultures des différents continents. ».

C’est à dessein que le pape a repris, au fil de son allocution, les mots « levain » et « ferment » pour expliciter la signification de l’Eglise catholique. Ce dernier adjectif a été, ce samedi matin, au cœur de sa pensée. L’Eglise est « catholique », parce que « le Christ embrasse toute l’humanité dans sa mission de salut ».

Cette « perspective universaliste » ouvre une « mission destinée à tout homme et à tout l’homme, dépassant tout particularisme ethnique, national et religieux. ». Parce que Jésus « envoie son Eglise non à un groupe mais à la totalité du genre humain pour le rassembler, dans la foi, en un unique peuple afin de le sauver», Benoît XVI a affirmé que « l’Eglise puise à l’universalité de l’unique dessein divin de salut du monde. ».

Le mot clé de cette allocution est évidemment « Pentecôte » : « Depuis ses origines, l’Eglise embrasse tout l’univers ». Surmontant toute culture, a dit le pape, « la mission universelle de l’Eglise ne part pas d’en bas, mais descend d’en haut, de l’Esprit saint, et depuis son premier instant, elle tend à s’exprimer dans toutes les cultures pour former ainsi l’unique Peuple de Dieu. ».

Ensuite, Benoît XVI a détaillé, devant le collège des cardinaux, le sens du rite qu’il s’apprêtait à célébrer. Le serment prononcé par chaque nouveau cardinal l’engage à la fidélité envers le Christ et à l’obéissance à l’Eglise. La barrette rouge imposée sur la tête de chacun rappelle « l’effusion de sang », limite ultime toujours possible de leur mission. L’anneau offert par le pape est accompagné d’un « avertissement » : « Sache qu’avec l’amour du Prince des Apôtres se renforce ton amour envers l’Eglise ».

Enfin, « les titres ou les diaconies des Eglises de la Ville de Rome » qui leur sont remis en font les « membres  à titre très spécial » de cette « Eglise de Rome, qui préside à la charité universelle ». Sans oublier leur rôle de « précieux coopérateurs » de la Curie romaine.

Chacun des six nouveaux cardinaux a été très chaleureusement applaudi par une assemblée très internationale. 750 Libanais avaient fait le déplacement de Beyrouth, derrière le président de la République. Les très nombreux Philippins de Rome, de condition souvent modeste, ont fait une véritable ovation à leur compatriote, qui a essuyé une larme d’émotion.

Au sein d’une véritable marée de pourpre, où étaient présents les cardinaux français André Vingt-Trois et Philippe Barbarin, il y eut ensuite le long et émouvant moment consacré à l’échange des baisers de paix avec les membres présents du Collège des cardinaux.

(1) Mgr James Harvey, 63 ans, préfet de la Maison pontificale depuis 1998
Mgr Luis Tagle, archevêque de Manille (Philippines)
S. B. Baselios Cleemis Thottunkal, archevêque majeur de Trivandrum (Inde) des syro-malankars
Mgr John Onaiyekan, président de la Conférence épiscopale du Nigeria, archevêque d’Abuja
Mgr Ruben Salazar Gomez, archevêque de Bogota et président de la Conférence épiscopale colombienne,
S. B. Béchara Raï, 77e patriarche d’Antioche des maronites (Liban)
Christ-Jésus, Tête et Époux de l’Église , n’éloigne pas  celle-ci.

Frédéric Mounier © Magazine La Croix