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EGLISE CATHOLIQUE AU GABON EGLISE CATHOLIQUE AU GABON

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... Aujourd’hui, au sens spirituel, voyant votre bonne volonté, le successeur de Pierre dit à toute l’Église au Gabon: je ne suis venu t’apporter ni or ni argent.
Mais ne crains pas. Aie confiance. Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche! Amen !
Pape Jean Paul II, Pèlerinage apostolique au Gabon Libreville, Homélie du 19 février 1982
Jean Paul II

Enseignement Catholique: Historique, Jérôme Angoune-Nzocke, Colloque 2000

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L’ARRIVEE DES MISSIONNAIRES CATHOLIQUES
ET LA CREATION DES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES
AU GABON
----------------------------
Par Jérôme ANGOUNE - NZOCKE
Conservateur, Ancien Directeur des Archives Nationales

Au début du 19è siècle, la traite des Noirs, après trois siècles d’existence, avait suscité l’indignation de nombreux Européens. La France, condamnant le principe de l’esclavage, envoyait des navires sur les côtes d’Afrique afin de mettre un terme à ce trafic. C’est dans ce contexte que le lieutenant de vaisseaux Bouët Willaumez arrive dans l’estuaire du Como en 1837. Le Gabon avait été choisi par la France comme centre de la lutte anti - esclavagiste. Bouët Willaumezc reconnut les avantages que présentait l’estuaire du Como. Il décida de mettre cette zone côtière sous la protection de la France.

Il signa ainsi, quelques temps après, une série de traités qui permirent à la France de prendre possession du Gabon. Le 9 février 1839, Bouët Willaumez signe le premier traité avec le roi Denis Rapontchombo, le chef de la rive gauche de l’estuiare du Como. Le 18 mars 1842, il signe un traité semblable avec le roi Louis Dowe, chef de la rive droite.

Après la signature de ces deux traités, la France prit possession des terres cédées par ces différents accords. En 1843, la Marine française fit construire le fort d’Aumale, qui est le premier établissement français officiel. Mais ces deux traités ne suffirent pas  pour mettre toute la région sous protection de la France. Le 27 avril 1843, le commandant Baudin conclut un autre accord avec le chef Quaben. Cet accord cédait à la France, tout le territoire compris entre le village Quaben et le cap estérias. Le roi Glass, hostile à la pénétration française au Gabon, était sous influence anglaise et refusait de céder ses terres aux Français. Ces derniers arrivèrent cependant, par la ruse, à acquérir son adhésion.

Par ces traités, la France prenait possession de l’estuaire du Como et de la région environnante. Sur cette côtière fut fondée, en 1849, la ville de Libreville qui devint le point de départ de la pénétration française. La prise de possession du Gabon par la France a permis l’arrivée des missionnaires catholiques, la fondation dans le pays des stations missionnaires et la création des établissements scolaires.

C’est précisément le rôle joué par les missionnaires catholiques dans l’éducation des jeunes au Gabon que nous nous proposons de mettre en lumière.

Pour ce faire, nous avons divisé notre exposé en deux parties.

* La première est consacrée à l’arrivée des missionnaires catholique, elle explique le contexte et donne les raisons qui ont motivé leur présence en terre gabonaise.

* La deuxième retrace les étapes de la création des établissements scolaires par type d’établissement.

I/ L’arrivée des missionnaires catholiques au Gabon

I.1) Les causes religieuses

Jusqu’au début du 15ème siècle, le christianisme était inconnu sur la côte occidentale de l’Afrique. Ce n’est qu’à la fin de ce siècle qu’apparurent dans la partie ouest africaine, les premières tentatives d’évangélisation des Noirs par les missionnaires portugais.

Les missionnaires propagèrent donc le christianisme sur la côte occidentale de l’Afrique  et particulièrement dans le bassin du Congo. Malheureusement, ces premières tentatives d’évangélisation ne donnèrent pas les résultats escomptés par les missionnaires portugais. La christianisation des Noirs fut précaire et même superficielle. Elle fut ralentie par des religions traditionnelles et par l’installation de la traité négrière sur la côte occidentale de l’Afrique. Le christianisme déclina peu à peu pour disparaître finalement vers la fin du 16ème siècle.

Ce n’est qu’au 19ème siècle que débuta la véritable christianisation des Noirs. En effet au début du 19ème siècle, l’Afrique affaiblie par trois siècles de traite, attirait de plus en plus l’attention du monde occidental. Ce fut pour ce continent, le début d’une longue période de domination et d’exploitation. Les missionnaires dans ce mouvement d’expansion européenne suivaient de près les explorateurs.

En effet, le début du 19ème siècle en Europe occidentale, était marqué par un renouveau de la spiritualité. La création de nouvelles congrégations missionnaires devait favoriser le départ massif de religieux pour l’Afrique avec pour mission essentielle, l’évangélisation des populations africaines, considérées comme n’ayant ni culture, ni civilisation. Christianiser et civiliser devenaient les mots d’ordre des missionnaires qui, depuis les ports européens prenaient les bateaux pour l’Afrique.

Parallèlement se multipliaient en France les congrégations féminines qui suivirent matériellement et moralement les religieux dans la mission civilisatrice qui leur étaient confiée. Cependant, on a attribué d’autres causes à cette expansion missionnaire du 19ème siècle. Ainsi aux causes purement religieuses, on ajoutait des causes politiques et économiques et sociales et culturelles.

I.2) Les causes politiques et économiques

Les facteurs politiques et économiques ont poussé les occidentaux à côtoyer l’Afrique depuis le 16ème siècle. Les mêmes facteurs vont les inciter à explorer beaucoup plus profondément ce continent dès le milieu du 19ème  siècle.

En effet, l’Afrique est un « el dorado » caché qu’il faut ouvrir au commerce, à la colonisation et à la civilisation. D’où les accords signés par les marins français avec les chefs ou rois côtiers. Mais les colons français n’ont jamais voulu reconnaître que les raisons économiques étaient particulièrement les vraies raisons qui les ont motivés pour l’exploration du Gabon. Mais pourquoi affirmons - nous que les raisons économiques et politiques furent tout comme les causes sociales et culturelles qui seront exposés après, à l’origine de la pénétration missionnaire au Gabon ?

En principe, c’est dans la mesure où l’on tient compte des dangers inhérents à l’exploration des terres africaines. Les explorateurs doivent faire face à des peuples nouveaux qu’ils estiment « barbares et sauvages ». Pour ne pas se faire lyncher par lesdits peuples, ils jugent mieux de faire appel aux missionnaires. La présence des missionnaires était donc nécessaire pour la paix et l’unité entre les hommes, ainsi que pour montrer tout le côté négatif de la violence. A leur arrivée, ils devaient prôner au cours de leurs tournées pastorales dans les villages, l’obéissance aux autorités, à l’ordre établi, et l’amour du prochain, une méthode efficace à l’implantation coloniale française.

Dans ce contexte est signée en 1843, une convention entre le gouvernement français et le Père Libermann, père supérieur de la congrégation du Saint Esprit, pour l’envoi de missionnaires dans les territoires d’Afrique dont la France convoite les richesses économiques. Il faut souligner qu’à cette époque, avant 1905, il n’y a pas de séparation entre l’Eglise et l’Etat. Ainsi, la congrégation libermannienne s’engage à  pourvoir de prêtres, avec l’accord du Saint Siège, les comptoirs d’Assini et du Gabon. Les prêtres doivent y  asseoir avec l’influence politique de la France, la morale et la religion sous le contrôle de l’administration coloniale. Le gouvernement français, conscient de la contribution des missionnaires à la conquête économique de la France, s’engage de son côté à apporter un soutien organique aux missions.

I.3) Les causes sociales et culturelles

L’Afrique venait d’être ruinée par le commerce des esclaves qui fit d’elle le continent de la misère. Pour les missionnaires, il convient d’arracher à Satan la race méprisée et de poser sur le sol africain naguère malheureux les fondements du bonheur, à savoir : la paix et l’amour du prochain qui conditionnent le bonheur terrestre, la croyance en Jésus Christ qui conditionne le bonheur après la mort. En outre, les peuples d’Afrique sont considérés jusques - là comme vivant dans l’ombre, sans culture ni civilisation. Les occidentaux estiment que la barbarie et la sauvagerie sévissent en Afrique et qu’il convient de transformer les mentalités des africains et de convertir les âmes des nègres de ce continent.

L’idéologie fondamentale des Spiritains qui s’intitule «sauver les Nègres », répond aux critères énumérés ci - dessus. En fait, il s’agit pour eux de protéger l’Africain contre la violence, de l’éduquer et de veiller sur sa santé. Dans ce contexte, les autorités de la colonie recommandent aux missionnaires l’ouverture des écoles aux petits Nègres dont l’objectif était de civiliser les populations indigènes. De ces écoles devraient sortir des auxiliaires de l’administration locale.

I.4) L’arrivée des premiers missionnaires

En septembre 1843, dix missionnaires catholiques parmi lesquels, le Père BESSIEUX quittèrent Bordeaux pour la Guinée. Ils abordèrent d’abord au cap des Palmes avant de se diviser pour résider en outre eux deux comptoirs français d’Assini et de Grand Bassam. Certains missionnaires moururent quelques temps après leur arrivée en Afrique, d’autres, au contraire, durent reprendre le chemin de l’Europe. Il ne restait que le Père BESSIEUX, le Frère Grégoire et le Frère Jean FABE.

Les trois missionnaires arrivent au Gabon le 28 septembre 1844. Dans l’estuaire du Como où la France avait déjà établi un comptoir et un poste militaire, ils furent accueillis par le commandant BRISSET qui leur donna une parcelle de terre pour se loger. Le 29 septembre 1844, jour de Saint Michel Archange, le Père BESSIEUX célèbre sa première messe en terre gabonaise. La mission Sainte Marie date de ce jour.

D’autres renforts vinrent quelques années plus tard. Le 15 août 1846 débarquèrent au Gabon le Père Le BERRE, le Père BRIOT et le Frère MERCY. Ils devaient avec le Père BESSIEUX continuer l’œuvre entreprise.

Les premières années de leur installation au Gabon sont consacrées à la construction des maisons d’habitation et de l’église. Néanmoins, ces travaux de construction n’ont pas empêché les missionnaires de procéder conjointement, à l’évangélisation des Noirs et à la scolarisation des petits gabonais car, il ne faut pas oublier que les missionnaires catholiques devaient aussi contrer l’action des missionnaires américains arrivés quelques années auparavant. Il leur fallait donc étendre le plus vite possible l’influence française menacée par la propagande active des pasteurs WILSON et GRISWOLD installés à Baraka.

II/ La création des établissements scolaires

Dès leur arrivée dans l’estuaire du Como, les missionnaires catholiques se sont livrés à de multiples activités parmi lesquelles celles liées à l’éducation des jeunes Gabonais. En effet, les missionnaires installés à Sainte Marie devaient conjointement à l’œuvre d’évangélisation, lutter contre l’ignorance et la misère par la création, dans différentes stations, de centres scolaires.

La scolarisation des jeunes a donc été pendant plusieurs années, une des activités principales des congrégations religieuses présentes au Gabon dès 1844. Cette scolarisation concernait à la fois les cycles primaires, secondaires et professionnels. L’éducation des jeunes garçons était à la charge des Père de la congrégation su Saint Esprit et des Frères de Saint Gabriel, celle des jeunes filles était confiée aux Sœurs de l’Immaculée Conception de Castre et de la congrégation de Sainte Marie du Gabon.

II.1) Les écoles primaires (dès le XIXè siècle)

* L’œuvre des Frères du Saint Esprit

Dès son installation, le Père BESSIEUX réalise tout de suite l’importance de l’école pour l’évangélisation des Noirs. En janvier 1845, il ouvre la première école pour les enfants des villages environnants. Toutefois, on note que le recrutement des premiers élèves est difficile. En effet, ce ne fut pas besogne facile que de maintenir, des heures durant, sur des bancs d’écoles des enfants, amis de l’indépendance, réfractaires à toute discipline et n’appréciant que médiocrement l’utilité de l’instruction. De plus, les populations autochtones hésitaient encore à envoyer leurs enfants à l’école. Néanmoins, les missionnaires  parvinrent à convaincre les chefs traditionnels de la nécessité de l’enseignement.

Dès lors, le nombre d’inscrits à Sainte Marie ne cessa d’augmenter. Les effectifs scolaires passèrent de 72 élèves en 1854 à 250 élèves en 1870. Le principal artisan de cette œuvre à ses débuts fut le Père KLAINE, un maître de première valeur qui sut donner à tous une idée de l’éducation chrétienne. Pendant quarante ans, il s’occupa presque seul de l’éducation des enfants de Libreville.

Après la consolidation de la mission Sainte Marie, et la création de succursales à Libreville, les missionnaires devaient s’étendre à l’intérieur du pays. La création des écoles suivit  donc la fondation des différentes missions. En 1878, une école est ouverte à Donguila, en 1880, une autre voit le jour à Lambaréné. En 1885, une nouvelle école est crée à Lastourville à la mission Saint Pierre Claver. En 1887, la mission Sainte Anne du Fernan Vaz ouvre une école chez les Nkomi. Beaucoup d’autres écoles seront crées un peu partout à travers le territoire national au rythme de l’installation des missions, c’est le cas : de l’école des Trois Epis de l’Equateur à Sindara ouverte en 1899, de celle de Saint Martin des Apindji à Mouila ouverte en 1900. Ces deux écoles sont considérées comme les dernières œuvres scolaires Spiritains.

Ainsi, grâce à la propagation des écoles, il se forma au Gabon une classe de demi lettrés qui joua un rôle relativement important dans l’administration locale.

* L’œuvre des Frères du Saint Gabriel

  • § A Libreville

Le 7 octobre 1900, les Frères de Saint Gabriel arrivent au Gabon à la demande de Monseigneur Jean Martin ADAM qui leur confie le soin des écoles afin de décharger de cette tâche les Pères occupés à l’évangélisation.

Jusqu’en 1900, aucun objectif précis n’a présidé à la création des tenues jusques - là par les Pères du Saint Esprit. Dans tous les cas, l’état colonial et le Père Libermann qui ont voulu des écoles ne donnent aucune directive aux Pères en ce qui concerne les méthodes d’enseignement. Les confrères du Père BESSIEUX s’étant contentés d’organiser un enseignement religieux, professionnel, agricole complété par des notions de lecture, d’écriture et de calcul. Jusqu’en 1900, les écoles étaient livrées à elles - mêmes en matière de programme. Les Pères se sont efforcés de développer leur réseau scolaire en attendant que celui - ci soit pris en main par les spécialistes. Les Frères de Saint Gabriel vont donc assignés eux - mêmes les objectifs que doivent poursuivre les écoles dont ils ont la charge.

Dès la rentrée d’octobre en 1900, les Frères prennent en charge la direction de l’école installée à Saint Pierre, elle compte alors 115 élèves. Cette école sera nommée l’année suivante : Ecole Montfort.

D’autres Frères arrivent au mois de novembre de la même année pour diriger à Lambaréné, l’école Saint François Xavier et combattre, selon le souhait de Mgr ADAM, l’influence de l’école protestante de Ngomo, en aval de Lambaréné. Avec l’arrivée des Frères, l’assiduité des élèves s’améliore et on comptera, en 1994, 344 élèves à Libreville.

Cependant, la collaboration avec les Pères Spiritains n’était pas sans poser quelques problèmes. Les Frères voulaient d’abord former des hommes éclairés et se heurtaient aux Spiritains pour qui l’évangélisation était le premier but, sans tenir compte des exigences de l’enseignement. Le conflit aboutit en 1911 au retrait des Frères de l’école de Lambaréné. Quant à celle de Libreville, après avoir changé de lieu (on passe de St Pierre à Ste Marie) le 1er janvier 1911, son personnel diminue et l’école devra fermer en 1919.

  • § Le retour des Frères

L’école de Libreville végéta jusqu’au retour des Frères en 1924, un retour réclamé par les autorités religieuses et civiles.

En 1927, l’école Montfort revient à son lieu d’origine (St Pierre), elle connaît un afflux croissant d’élèves : 572 en 1929, 900 en 1932, 1000 en 1933. L’enseignement à Montfort était l’œuvre d’une équipe d’éducateurs dont le Frère MACAIRE, auteur de plusieurs classiques africains.

Dans les quartiers éloignés de Libreville, des annexes de cette école furent ouvertes : l’école Saint Pierre à Glass en septembre 1941 et l’école Sainte Anne de Nkembo en avril 1942. Montfort et ses écoles satellites compteront 1629 élèves en 1960.

  • § A Port - Gentil et à Lambaréné

Pendant plusieurs années, St Gabriel s’est identifiée à l’école Montfort de Libreville. A partir de 1949, il va enfin sortir de la capitale et prendre pied un peu partout. Le 3 octobre arrive à Port – Gentil , le Frère GAUTHIER. Il prend la direction de l’école St Louis mais supervise aussi trois écoles catholiques de la ville.

A Lambaréné les Frères reviennent en 1953, après 43 ans d’absence. Ils prennent la direction de l’école Saint François Xavier. En janvier 1958, commence la construction du juvénat qui ne sera occupé qu’en septembre 1959. Il faut également souligner le rôle joué par le Frère Vincent AGUILLON de 1960 à 1970 dans tout le secteur scolaire du Moyen Ogooué. Il se fait bâtisseur de trois (3) écoles de brousse et conseiller de bien de maîtres.

  • § A Mouila et à Oyem

A leur arrivée à Mouila, les Frères assurent le fonctionnement de l’école primaire, dont les effectifs ne vont cesser d’augmenter : plus de 1000 élèves en 1962 dont 150 internes. En 1965, cette école est confiée aux laïcs, les Frères se chargeant du secondaire qui venait d’ouvrir.

A Oyem, les Frères arrivent en 1957, l’occasion qui leur est offerte parait excellente : Oyem est le centre de toute la zone nord du Gabon. Cette région comporte à elle seule le tiers des effectifs scolaires du pays. Le pionnier d’Oyem, le Frère FLAVIEN débute avec 3000 élèves en 1957. Il en aura 3500 en 1970, répartis en 30 écoles et 88 classes.

* L’œuvre des Sœurs

  • § Les sœurs de l’Immaculée Conception de Castres

Le 14 janvier 1948, le Père BESSIEUX est devenu troisième Vicaire Apostolique de Guinée et premier Vicaire Apostolique du Gabon. Il cherche des Sœurs pour son diocèse. Ainsi le 6 février 1849, on décide de l’ouverture de la future d’une communauté des Sœurs de l’Immaculée Conception au Gabon. Le 8 août  1849 quatre Sœurs arrivent à Libreville récemment fondée.

 Au Gabon, les sœurs vont s’occuper particulièrement de l’éducation des jeunes filles et de la promotion de la femme gabonaise. Cette éducation va se structurer avec l’ouverture de la communauté St Pierre le 7 février 1851. L’école primaire va prendre de plus en plus d’ampleur. Pendant plus de 100 ans, les jeunes filles gabonaises s’y succéderont  pour recevoir une éducation intégrale.

En avril 1879, le bulletin général de la congrégation des Pères du St ESprit témoignent de la vitalité de l’œuvre éducative des Sœurs qui enregistrait déjà plus d’une centaine de filles.

Transférée de Ste Marie à St Pierre, l’école sera dirigée jusqu’en 1975 par les sœurs, elle fusionnera en avril 1976 avec l’école Montfort et la direction sera confiée aux laïcs.

Si, après Ste Marie, St Pierre est le berceau de l’œuvre éducative des sœurs, d’autres contrées ont bénéficié de leur contribution. En effet, dans toutes les missions où les Pères avaient ouverts des écoles pour garçons, les sœurs y ont ouvert des écoles pour les filles.

Ainsi, dès leur arrivée à Lambaréné en 1890, les sœurs s’occupent des filles dans un internat qui comptera très vite plus de 100 filles et de très nombreuses externes. L’école de Lambaréné rayonnera dans tout le moyen Ogooué et les régions environnantes.

A Donguila, l’œuvre était essentiellement consacrée à l’éducation, en 1894, les sœurs commencent avec 19 filles, en 1898, elles atteignent un effectif de 25 enfants. Pendant  40 ans l’œuvre prospère et en 1948, on réussit à ouvrir un cours élémentaire. En 1904, l’œuvre était bien développée et comptait une cinquantaine d’enfants.

En février 1896, les sœurs répondent à l’appel du Père BICHET, responsable de la mission de Fernand Vaz. En pays Nkomi, elles s’adonnent à l’éducation intégrale des filles ; il y avait 150 élèves. Ndjolé les accueille le 11 janvier 1903 et, après des débuts difficiles, l’œuvre s’enracine. En 1914, on compte 42 élèves. Mais l’œuvre connaîtra de grandes épreuves à cause des maladies, de l’insuffisance des ressources, qui seront la cause de beaucoup de départs.

En 1949, les sœurs s’investissent à Port - Gentil où les Frères de St Gabriel dirigent une école catholique mixte. Avec la suppression de la mixité, l’école des filles est fondée, en 1950, elle compte 70 élèves répartis en trois classes. L’internat compte 7 filles, en 1962, il y a 12 classes. Au cours de ces mêmes années, la formation des institutrices s’est accélérée avec l’ouverture d’une section filles dépendant du collège St Louis. Une des filles fréquentant cette section prendra la direction de l’école primaire en 1973.

A Oyem, les sœurs arrivent en juillet 1949 à la demande de Mgr ADAM et ouvrent immédiatement une école primaire à cycle complet.

A Mouila où elles arrivent en juillet 1955, les Frères de St Gabriel y avaient fondé un collège, les sœurs s’occuperont de l’école des filles. En 1972, la direction de l’école est cédée aux laïcs mais les sœurs assurent les cours de français et l’animation spirituelle de l’école et du collège. A l’heure actuelle, les sœurs de l’Immaculée ont quitté la communauté.

  • § Les sœurs de Sainte Marie

Mgr ADAM confia l’encadrement des Sœurs de Ste Marie aux Sœurs de l’Immaculée Conception. Celles - ci en dehors de Sindara où elles ont démarré l’œuvre, les sœurs de l’Immaculée Conception dans la plupart des missions où elles s’occupaient de la scolarisation des filles. En 1949, elles arrivent à Donguila, en 1950, elles sont au Fernan vaz, Sainte Marie de Libreville et la mission de Ndjolé les reçoivent en 1954. Elles reviennent à Mouila en 1992, à Port - Gentil en 1997 et à Oyem en 1998.

II.2) Les établissement secondaires et professionnelles (près d’un demi  siècle plus tard)

  • § L’œuvre des Pères

C’est en 1938 que fut institué à Brazzaville, le premier cours d’enseignement secondaire pour les quatre territoires de l’AEF.

L’enseignement secondaire verra le jour au Gabon avec l’ouverture en 1948 du premier établissement secondaire, le collège Bessieux, œuvre des Pères de la congrégation du St Esprit. Cet établissement à cycle complet, sera dirigé par les Frères de St Gabriel en 1969 avant de tomber aux mains des laïcs dès les années 80. En 1963, les Pères ouvrent à Moanda un collège préparant au brevet. A la demande de Mgr de la MOUREYRE, ce collège sera dirigé par les Frères en 1965.

En 1964, l’œuvre commencée à Sindara en 1937, sera remplacée par celle du séminaire des aînés confié aux Pères salésiens.

S’agissant des établissements professionnels, l’école Ste Marie était divisée en deux groupes, il y avait d’une part les scolaires, et d’autre part les apprentis. Les missionnaires en effet, formaient entre autres, des forgerons, des menuisiers, des cultivateurs, des cordonniers, des tailleurs de pierre et des charpentiers. Cette formation répondait aux aspirations des missionnaires dont le souci était de former au Gabon, des employés utiles à l’administration coloniale. Il fut donc fondé à quelques mètres de Ste Marie, une école pour les apprentis.

  § L’œuvre des Frères de St Gabriel  

Après la fondation du collège Bessieux, pour préparer aux examens du brevet, les cours complémentaires ont été transformés progressivement en collège d’enseignement général. Les Frères de St Gabriel vont diriger plusieurs C.E.G. :

  • · Le collège catholique des garçons de Mouila dès 1957 ;
  • · Le collège Angone à Oyem ;
  • · Le collège Montfort de Libreville en 1960 ;
  • · Le collège St Louis de Port - Gentil en 1961 ;
  • · Le collège St Dominique de Moanda en 1965 ;
  • · Le collège Notre Dame de Lourdes à Lambaréné, ancien juvénat de 1958, en 1967.

Au niveau professionnel, un cours normal est ouvert à Libreville par les Frères en 1942 dans le but de donner une formation pédagogique aux élèves qui se destinaient à l’enseignement. En 1955, un arrêté crée les collèges normaux des garçons. Les Frères de St Gabriel pour la circonstance vont créer l’école nouvelle catholique de Lambaréné, transférée à Mouila en 1956, elle y sera jusqu’en 1965, date à laquelle rejoint Libreville. L’avènement des établissements dénommés école normale d’instituteurs prépareront les élèves instituteurs au diplôme de certificat de fin d’études normales.

  • § Les Sœurs de l’Immaculée et les Sœurs de Ste Marie

C’est en 1955 que Mère Jean Gabriel BRENCKLE ouvre une sixième clandestine dans les bâtiments de l’école St Pierre. C’est le début d’un grand défi car, on ne croyait pas qu’une gabonaise puisse être un jour bachelière.

Entre 1955 et 1957, d’autres classes s’ouvrent : le collège en herbe doit quitter St Pierre. C’est grâce au futur Président Léon MBA, que Mère Jean Gabriel obtint de l’administration coloniale, l’autorisation officielle de l’ouverture du collège. La future institution Immaculée Conception ouvre ses portes en septembre 1957 avec 80 filles dont 45 internes. Le premier cycle comprend quatre classes : 6e, 5e, 4e ,3e à côté desquelles existe une section de formation d’institutrices.

A Mouila, les Sœurs ouvrent en 1960, une classe de 6e et un centre de formation pédagogique. Le centre de Mouila va s’agrandir en accueillant les élèves en provenance du sud et d’ailleurs.

Par ailleurs, Mgr de la MOUREYRE fait appel aux Sœurs Trinitaires de Valence (Espagne) qui ouvrent le collège Val Marie de l’autre côté du fleuve Ngounié en 1964.

En 1969 - 1970, la direction de l’enseignement catholique fonde le collège Notre Dame de QUABEN dont la direction est confiée aux Sœurs de Ste Marie. Aujourd’hui, il est dirigé par des laïcs.

Pendant cette période, de 1970, d’autres établissements ouvrent leurs portes dans le sud du Gabon, c’est le cas des collèges Horizons à Tchibanga, Notre Dame de la Salette à Koula - Moutou, Saint Félicien à Dibwangui, etc…

 1/ Etablissements secondaires crées avant 1960

 N°

 Etablissement

 Diocèse

 Province

 Localité

 Année de création

1

 Collège Bessieux

 Archidiocèse de Libreville

 Estuaire

Libreville

1948

2

 

Collège Jean Baptiste ADIWA

 Archidiocèse de Libreville

Moyen Ogooué

Lambaréné

1956

3

Collège Saint Gabriel

 Ngounié

 Mouila

Mouila

1956

4

 Institution Immaculée Conception                  

 Archidiocèse de Libreville

Estuaire

Libreville

1957

5

 Collège Angone   

 Oyem

Woleu Ntem

Oyem    

1958

 2/ Etablissements secondaires à partir de 1960

 Etablissement

 Diocèse

 Province

 Localité

 Année de création 

 1

 Collège Jérôme ADAM

Franceville

 Haut Ogooué

 Franceville

 1960

 2

 Collège Notre Dame de la Salette

Franceville

 Ogooué Lolo

Koula Moutou

 1960

 3

Collège Val Marie

Mouila

 Ngounié

 Mouila

 1960

 4

 Collège Raponda WALKER

Port - Gentil

 Ogooué Maritime

 Port - Gentil

 1961

 5

Collège Jésus Marie

Oyem

 Woleu Ntem

 Bitam     

 1962

 6

 Collège Saint Dominique

Franceville

 Haut Ogooué

 Moanda

 1965

 7

 Collège Notre Dame des Victoires

 Préfecture Apostolique de Makokou

 Ogooué Ivindo

 Makokou

 1967

 8 

Collège Horizons

 Mouila

 Nyanga

 Tchibanga

 1968

 9

 Collège Notre Dame de Quaben

 Archidiocèse de Libreville

 Estuaire

Libreville

 1969

 10

 Collège Saint Félicien de Dibwangui

 Mouila

 Ngounié

 Lébamba

 1972

 11

Collège Saint Jean

 Oyem

 Woleu Ntem

 Minvoul

 1974

 12

Collège Sainte Marie

 Archidiocèse de Libreville 

 Estuaire

 Libreville

 1977

 13

Collège Saint Joseph

 Oyem

 Woleu Ntem

 Mitzic

 1979

 14

 Collège Saint Pierre Claver de Bamboro

 Franceville

 Ogooué Lolo

Lastourville

 1988

 15

 Collège Calasanz

 Archidiocèse de Libreville 

 Estuaire

 Libreville

 1999

Source : Extrait du compte rendu du « Colloque de l’Enseignement Privé Catholique sur les défis éducatifs du 3e millénaire », tenu à Libreville au Collège Bessieux du 27 au 31 mars 2000.